Enregistrement

Arguèdène "el' sène à Albert"

Arguèdène "el' sène à Albert"

Probablement dans le cadre du 1er concours d'arguèdènes à Sivry, organisé par Géry Dumoulin.

"Au hit-parade des arguèdènes chevrotines, cette valse figure en bonne place: rares sont les séances d'arguèdènes qui ne la font pas entendre. On peut affirmer avec une quasi certitude qu'elle a été composée par Albert Dupont. Musicien à la Philharmonie, prisonnier en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale - où il a d'ailleurs rempli plusieurs cahiers de danses, recopiées de mémoire, il a été l'une des principales chevilles ouvrières de la nouvelle Fanfare communale, donnant les leçons aux jeunes élèves musiciens et leur faisant répéter les morceaux de la fanfare. Cantonnier de profession, il a d'abord été bugle solo et petit bugle avant de passer au saxophone ténor, et jouait volontiers aussi de la trompette. Sa valse est présente dans plusieurs cahiers manuscrits, dont celui de Jean Dumoulin, avec la mention. Comp. Albert», се qui devait permettre de la distinguer des autres danses qu'Albert avait simplement recopiées à l'intention de ses élèves ou de divers musiciens de la Fanfare. N'ayant pas suivi de formation musicale supérieure dans un Conservatoire royal, il n'en était pas moins un musicien compétent, qui excellait dans le répertoire des arguèdènes. Sa valse illustre bien la capacité de certains musiciens amateurs, doués, de pouvoir composer une danse tout à fait réussie sans pour autant avoir été formé de manière académique. Une esquisse au crayon dans un de ses cahiers témoigne des premiers stades de la composition ; on peut voir qu'il avait initialement prévu de diviser les noires du deuxième thème en triolets de croches à effectuer en coups de langues. Dans la version « définitive », le premier thème truffé de coups de langue en fait une pièce de bravoure pour bons musiciens maîtrisant cette technique spectaculaire. Parfois, un deuxième thème passe-partout est substitué à l'original, et le troisième thème est remplacé par celui de la valse à Wilmer, En r'venant d'Soûr. Sans titre, cette valse est souvent désignée par le nom de son auteur (« el' sène à Albert »)."

(Source : Géry Dumoulin, "Les arguédènes. notes et musiques relatives à une pratique musicale populaire à Sivry" dans Hubert Boone (dir.), Traditions musicales en Belgique – Muziektradities in België, Les Amis de la Musique, Spa, 2009, p. 89.)